Pourquoi éducatrice en libéral ?

J'ai fait le choix de proposer mes services en libéral à toutes les familles dans la demande, qui ne trouvent pas chaussure à leur pied, qui souhaitent autre chose et méritent un service éthique de qualité auprès de leur enfant et ce dans les différents espaces de vie. 

" Dans la vie, il n'y a pas de solutions. il y a des forces en marche: il faut les créer, et les solutions suivent." Antoine de Saint-Exupéry

Après avoir exercé dans différents secteurs, du handicap à la protection de l'enfance en passant par la petite enfance, je suis venue à chercher le sens premier de ce si beau métier. En effet dans de nombreuses institutions, j'ai trouvé des enfants, adolescents et jeunes adultes noyés dans le collectif. Leur individualité ne pouvant s'exprimer par manque de moyens, humains et/ ou financiers. Certains professionnels démotivés ou altérés par le poids de la collectivité. Je me suis alors demandée pourquoi j'avais fait ce métier et me suis rappelé que ma vocation première était d'accompagner chaque individualité pour trouver sa place dans la société et avoir les moyens suffisants pour devenir autonomes. Je voulais permettre aux enfants de continuer à rêver et explorer et ne pas leur faire subir le poids d'une société économique où leur place représente un coût et leur absence un déficit. Je souhaite reconnaître chaque enfant et sa famille par leur nom, leur histoire et mettre un visage sur une situation. Je souhaite une éducation plus humaine et attentive, plus tolérante. 

De nombreuses professions se créent aujourd’hui et proposent des solutions diverses de services pour résoudre un mal-être, accompagner des solutions, lancer un nouvelle pratique. Des appellations diverses apparaissent et parfois on ne sait pas trop ce qui se cache derrière (ce qui ne remet pas en cause le professionnalisme des intervenants). 

Puis je me suis souvenue que j'avais fait trois ans d'études, vu de nombreux enfants et leur famille, croisé beaucoup de professionnels, crée et inventé des choses et pour tous ces visages qui ont croisé ma route, qui ont forgé la professionnelle que je suis aujourd’hui; je me devais de proposer mes services aux personnes ne sachant plus vers qui se tourner, comment faire garder leur enfant. 

Pris dans le rythme intense de l’institution, j'avais perdu le temps de penser, de rédiger des projets, d'adapter des solutions existantes aux handicaps de ceux que j'allais accueillir, de s'interroger sur le sens d'une action, de créer. 

Grâce à la création de Cheval'Envol , j'ai pu de nouveau expérimenter mon potentiel éducatif et préparer de nombreux supports qui ne demandent qu'à découvrir de petites mains. Je n'ai pas de barrières administratives, de cases et ne m'arrête pas à un "ce n'est pas possible". Pour des familles, des professionnels qui ont besoin de conseils, de solutions, devoir attendre plusieurs mois à plusieurs années parce-que les places sont prises est insurmontable voir nuisible.

Je ne m'arrête pas à ma fonction éducative, délimitée par un champ d'action institutionnel mais j'y ajoute mon humanité: nous devrions tous avoir une place dans la société et ne pas avoir à batailler. 

Selon Winnicott, la sensibilité doit constituer l'outil principal de tout accompagnant parce-qu'elle seule permet de rendre compte des faits les plus subtils. 

L'exercice en libérale permet de pouvoir répondre à la demande de la manière la plus adéquate et personnalisée possible en tenant compte des potentiels d'actions, du territoire, des enjeux. Cette pratique permet une réflexion en profondeur sur son propre travail éducatif et empêche des réponses toutes faites, habituelles au problème posé d'un enfant.